Master Classics of Poker 2008 - Day1 - Par Benjo
11/11/2008 15:03 - Master Classics of Poker 2008 - Day1
Avis de tempête dans la Venise du NordCoincée au beau milieu de la rigueur automnale, Amsterdam n'offre peut-être pas son plus beau profil en ce mois de novembre grisâtre. Crachin obstiné, nuages sombres, vent soutenu tenant presque de la tempête : notre arrivée dans la capitale hollandaise fut des plus sinistres. J'ai d'ailleurs eu bien du mal à saisir un cliché potable en déambulant entre les canaux ce matin.
Mais, conditions météo ou pas, ils sont venus, ils sont tous là, car l'épreuve qui nous attend cette semaine est tout simplement un événement à ne pas manquer.
Car les Master Classics sont une série de tournois particulière, en marge des grands circuits, qui mène sa propre vie depuis maintenant seize ans. Bien sur, on y joue la même musique que lors des EPT, WSOP et WPT, mais dans une tonalité différente. De subtiles changements d'ambiance, d'atmosphère de rythme et d'organisation font du Holland Casino un endroit apprécié des joueurs européens, possédant ce petit quelque chose en plus qui fait qu'on y revient chaque année : la longévité du festival en est le témoin. Pour beaucoup de joueurs, le Master Classics est un festival incontournable. Pour certains, il s'agit même de leur seul tournoi de l'année, le seul capable de leur faire quitter les cash-games le temps d'une semaine. Et je sais déjà l'avance que l'on observera cette semaine beaucoup de joueurs que l'on ne croise que rarement lors des grosses compètes, et que tous les vieux routards du circuit seront présents. Pour preuve, on évoquera le casting de la table finale du side-event organisé hier (Pot-Limit Omaha 1,000€ avec un rebuy), on se serait cru au début du millénaire : Rob Hollink, Rolf Slotboom, Surinder Sunar et Fabrice Soulier. Ce dernier allait terminer quatrième, empochant 21,000 euros, tandis que Surinder Sunar (vainqueur des tout premiers Master Classics en... 1993 !) empochait la victoire finale et le chèque de 105,000 euros allant avec.
Alors oui, Amsterdam est une ville où il fait bon jouer, et les français ne s'y sont pas trompés, enchainant bon résultats aux Master Classics année après année. Apercus hier dans le casino, que ce soit autour d'une table de cash-game ou du restaurant : Elie Marciano, Patrick Bueno, Serge « SMC », Fabrice Soulier, Roger Hairabedian... Eric Larchevêque, révélé içi même en 2007, est venu me dire bonjour il y a quelques minutes : on se souvient de sa sixième place lors du Main Event l'année dernière. L'expatrié letton va disputer aujourd'hui son premier tournoi depuis les WSOP.
Le Team Winamax est venu en nombre : le rassemblement général s'est effectué hier soir dans l'un des nombreux coffee-shop de la ville (rassurez-vous, on n'est pas forcément tenu de consommer des substances illicites dans ces endroits, il est tout à fait acceptable de se contenter d'un café ou d'une menthe à l'eau) Étaient présents Michel Abécassis, Anthony Roux, Guillaume de la Gorce, Arnaud Mattern et Davidi Kitai. Ce dernier a passé l'ensemble de la soirée à expliquer, devant un auditoire captivé, les subtilités de son second jeu préféré... « Qui est-ce ? » Si, si, souvenez-vous, ce jeu où l'on doit deviner par élimination l'identité du personnage choisi par son adversaire... Ça remonte à loin, je crois que j'ai disputé ma dernière partie en 1994 - apparemment, j'ai manqué quelque chose car à écouter le champion du monde Belge, ce jeu fait appel à de nombreuses stratégies que l'on retrouve dans le poker : bluff, observation, intimidation, metagame... « Je gagne 80% de mes parties en moyenne », a assuré Davidi avec un tel aplomb qu'on ne pouvait que le croire sur parole, « et je suis prêt à jouer contre n'importe qui pour n'importe quelle somme d'argent ». Arnaud Mattern a son backgammon, ElkY son starcraft, et Manub son Magic : pour Davidi, ce sera le « Qui est-ce ? » Affaire à suivre... Je suis assez intrigué par ses affirmations, assez pour partir à la recherche d'un magasin de jouets à Amsterdam, histoire de me procurer une boîte du jeu et vérifier si Davidi est aussi fort qu'il le prétend. Mais je m'égare. On ne les a pas vu hier soir, mais ils seront aussi au départ aujourd'hui : Antony Lellouche et Eric Koskas. En tous, ce seront sept membres du Team W qui seront présents cette semaine.
La structure est très similaire à celle des tournois de l'European Poker Tour... Mais en mieux : le tapis de départ est de 12,000 (au lieu de 10,000, un bonus toujours bon à prendre) et les niveaux sont plus longs d'une demi-heure, passant de 60 à 90 minutes. Bref, une structure qui va sans nul doute ravir les joueurs, mais les tenir éveillés plus longtemps que d'habitude : on risque d'assister à de très longues journées.
D'ailleurs, le Holland Casino ne sait pas encore à quel niveau va s'arrêter ce Day 1 unique (tout le monde joue aujourd'hui) : on peut penser que les organisateurs mettront fin au premier jour du tournoi une fois atteint un nombre de joueurs satisfaisant (quelque chose comme 180). 400 joueurs sont attendus, mais il reste encore beaucoup de sièges inoccupés : pour la première fois depuis longtemps, le Master Classics n'a pas fait le plein. Tall s'est rendu au casino hier pour s'inscrire : on lui a fait savoir qu'il restait encore 200 places disponibles. Dans le même temps, le satellite organisé durant la soirée offrait une quarantaine de tickets, et tandis que je tape ces lignes, j'entends un superviseur au micro appelant inlassablement des volontaires pour des satellites à une table. Quelques minutes avant le départ vont même commencer des « one-hand satellite » (connus dans le monde entier, si j'en crois l'homme au micro), qui, comme leur nom l'indique, verront dix joueurs mettre 600 euros sur la table pour disputer une seule main !
Tapis de départ : 12,000
Rounds : 90 minutes
25/50
50/100
75/150
100/200
150/300
150/300, ante 25
200/400 ante 50
300/600 ante 50
400/800, ante 100
500/1,000, ante 100
A très bientôt pour les premières développements du Day 1...
11/11/2008 16:25
Comme je vous le disais dans mon texte d'intro, l'organisation des Master Classics d'Amsterdam est bourrée de petites particularités qu'on ne retrouve pas ailleurs, et qui en font tout le charme. Premier exemple : le tirage au sort des places, dont le modus operandi a survécu à l'informatisation, et semble être resté le même depuis les années 90 : chaque joueur doit faire la queue pour arriver jusqu'à un officiel tenant en main un seau : en échange de son ticket d'entrée, le joueur tire au hasard sa place dans le dit seau.Ce qui soulève quelques cas de conscience théoriques : rien n'empêche à deux joueurs de pouvoir ensuite échanger leurs tickets respectifs et ainsi jouer à une table différente. Entre outre, l'identité de chaque joueur n'est pas vérifiée lors du tirage au sort. Admettons que je trouve par hasard un ticket égaré au sol : rien de plus facile que d'aller l'échanger contre une place auprès du porteur de seau. J'ai d'ailleurs croisé un Jan-Philippe Rohr tout affolé à quelques minutes du départ de l'épreuve : « On m'a volé mon ticket ! Je ne vais pas pouvoir jouer ! » En fait, il s'est avéré ensuite que l'épouse de Jean-Philippe était en possession du ticket, et tout est rentré dans l'ordre. Il n'empêche que la situation n'a rien d'invraisemblable.
11/11/2008 16:46
Leçon de géographieUn bon reportage au Holland Casino se prépare avec soin. Première étape, ô combien cruciale : le repérage des lieux. Les 37 tables de l'épreuve sont en effet disséminées à cinq endroits différents sur deux étages du bâtiments, et il faut être dôté d'un sacré sens de l'orientation pour ne pas se perdre au début.
A l'étage du casino, au milieu des tables de black-jack et de roulette, une large zone a été nettoyée pour faire place au « PokerPit ». C'est la partie principale du casino : son toit prend la forme, aussi incongrue que magnifique, d'un chapiteau de cirque multicolore. Le PokerPit comporte 13 tables, et la presse n'y pas accès. J'y ai repéré de loin Davidi Kitai assis à côté de Keith Hawkins, Roger Hairabédian, Rémy Biechel...
Ensuite, sur le côté de la salle, près du restaurant, 4 tables : appelons ce coin la « side zone ». J'y ai rencontré Michel Abécassis, Julian Thew, Serge Martel de la Chesnaye...
En cherchant un peu, on trouve au premier étage une troisième zone dans une salle plus ou moins privée reservée aux gros joueurs de baccarat, black jack.. Deux tables seulement y ont été disposées, et je n'ai reconnu personne pour le moment.
Descendons le grand escalier tapissé de rouge qui mène à l'entrée du casino. Une fois en bas, passons devant le coin presse et empruntons un second escalier : nous voici au sous-sol du casino. Au fond, une quatrième zone abrite 10 tables : je peux y circuler librement et j'aperçois une foule de joueurs français : Patrick Bueno et Fabrice Soulier côte à côte, Kalil Rhal, Brice Cournut, Pascal Perrault avec Dave Coclough, et Antony Lellouche. Le membre du Team Winamax a trouvé beaucoup de jeu dès le début de partie, « au moment où cela ne sert à rien », dit-il. « Une paire d'As qui trouve un As au flop, un full... mais peu de jetons gagnés. »
Sortons de cette salle et passons entre quelques rangées de machines à sous. Objectif : trouver un néon rose lisant « Lido Club », indiquant l'entrée de la boîte de nuit du casino où ont été installées 11 tables. C'est là qu'on retrouve le gros du Team Winamax : Nicolas Levi, Arnaud Mattern, Anthony Roux et Guillaume de la Gorce. Mais aussi Jan Boubli, ElkY, Freddy Deeb, Johnny Lodden, et bien d'autres.
11/11/2008 17:01
Aussitôt arrivé, aussitôt partiEn voilà un qui a, pour le coup, fait le voyage pour rien : Nicolas Levi fut éliminé de l'épreuve moins de cinq minutes après s'être assis. Son voisin de table ElkY m'a raconté sommairement le coup, avant que Nicolas ne complète lui-même l'histoire quelques minutes plus tard.
Bien entendu, il ne fallait pas moins d'un bon gros « setup » des familles pour faire tomber le membre du Team Winamax, qui ne nous avait pas habitué à des performances aussi courtes.
Le déroulement du coup, en détail :
L'espagnole Maria Maceiras relance à 150 en début de parole. Un joueur envoie une étrange mini-relance à 300.
Nicolas découvre Q
Q
au bouton : « Je ne pense pas qu'il est utile de sur-relancer içi. Je me contente de payer. »
Maceiras fait de même, et trois joueurs voient le flop
Q
T
3
Jackpot pour CrocMonsieur : il a floppé le brelan max. Les deux adversaires de Nico checkent, et ce dernier mise 500. Maceiras check/raise à 1,500. Le troisième joueur s'écarte du passage, et Nicolas décide à nouveau de déguiser sa main en payant juste. « J'espère ne pas voir tomber un pique, bien sur. »
Turn 9
Maceiras attaque d'entrée : Nicolas envoie le tapis avec son brelan.
Snap-call chez l'espagnole : elle a trouvé une carte magique au turn avec K
J
La rivière ne double pas : le Master Classics de Nicolas Levi n'a même pas duré cinq minutes, la faute à cette rencontre difficilement évitable, sauf si l'on est partisan d'une sur-relance preflop ou au flop, qui, si elle lui aurait peut-être permis de remporter le coup, aurait fait coucher une main contre laquelle Nicolas était favori.
Maria Maceiras : croqueuse de chapeaux
11/11/2008 17:06
Tout au fond du Lido Club, au calme, Johny001 a trouvé une table de fort beau gabarit : on y dénombre Elie Marciano, Johnny Lodden, Martin Vallo et Magnus Petersson.
11/11/2008 17:08
Miroir, mon beau miroirLa légende locale Rolf Slotboom (de dos, au premier plan) contemple le portrait de... Rolf Slotboom (au fond, accroché au mur)
A sa table, Henri Boutboul (aucun lien avec Bernad), le compatriote Peter Dalhusjen, Ross Boatman et Padraig Parkinson.
11/11/2008 17:12
Serge Martel de la Chesnaye (« SMC », c'est plus simple à écrire) a délaissé sa traditionnelle veste de costume pour un blouson Teddy que n'auraient pas renié les figurants des séries télé d'AB Productions dans les années 90 (vous savez, ceux qu'on voyait toujours en train de jouer au flipper dans la cafète d'Hélène et les Garçons)
11/11/2008 17:17
Les organisateurs du Holland Casino avaient prévu d'accueillir un maximum de 400 joueurs pour le Main Event (appelé, je l'avais pas encore mentionné, « Lido International Dutch Open », soit LIDO)Le compteur affiche actuellement un chiffre de 334 joueurs au départ. Nous sommes donc assez loin du tournoi « sold-out » auquel nous avons été habitués les années précédentes. Cela dit, il me semble qu'il est toujours possible de s'inscrire.
11/11/2008 17:26
A la table d'Anthony « Tallix » Roux : Casey Kastle, Thierry Van Den Berg et John Duthie, dont la présence à l'épreuve n'est pas une surprise, vu que le papa de l'EPT ne peux pas disputer les épreuves qu'il a crées. Il faut donc bien se rattrapper sur les quelques tournois européens qui restent...
Quoi qu'il en soit, j'ai pu voir Tallix miser, puis payer un check-raise sur le turn
6
A
8
J
La rivière T
interrompt net toute velleité d'action : les deux joueurs checkent.
L'adversaire de Tallix montre A
J
pour les deux paires max, et le membre du Team Winamax remporte le coup avec une couleur 5
3
. Dommage que le quatrième trèfle tombe à la rivière, sinon il aurait pris beaucoup plus.11/11/2008 17:30
GénériqueParmi les autres joueurs aperçus aujourd'hui, et dont on reparlera peut-être par la suite :
Isabelle Mercier
Patrick Schul
Bruno Fitoussi
Patrice Boudet
Stuart Rutter
Nordine Bouya
Mark Telscher
Andy Black
Peter Roche
Guy Sitbon
Rob Hollink
Noah Boeken
Paul Testud
Jan Boubli
ElkY & Freddy Deeb
